← EBIOS Risk Manager · Cybersécurité
Atelier 4 / 5

4️⃣ Scénarios opérationnels

Comment l'attaquant va-t-il agir, concrètement, sur le plan technique ?

1Cadre de l'atelier

ObjectifConstruire les scénarios opérationnels schématisant les modes opératoires techniques mis en œuvre par les sources de risque.
EntréesMissions, valeurs métier, biens supports et socle de sécurité (atelier 1) · sources de risque et OV retenus (atelier 2) · scénarios stratégiques retenus (atelier 3).
ParticipantsRSSI, DSI, architectes SI, spécialiste cybersécurité.
SortiesScénarios opérationnels · évaluation de leur vraisemblance.

Un scénario opérationnel est la déclinaison technique d'un chemin d'attaque identifié en atelier 3 — un enchaînement d'actions élémentaires portant sur les biens supports de l'objet étudié ou de son écosystème.

2La séquence d'attaque en 4 étapes

EBIOS RM structure les scénarios opérationnels selon une cyber kill chain à 4 étapes (inspirée des référentiels type MITRE ATT&CK) :

Connaître Rentrer Trouver Exploiter Reconnaissance, ciblage externe Intrusion initiale dans le SI Latéralisation, élévation de privilèges Réalisation de l'objectif visé Actions type • Reconnaissance externe • Recherche de vulnérabilités • Corruption / recrutement (MICE) Actions type • Intrusion depuis Internet (phishing, service exposé) • Intrusion / piège physique (clé USB, wifi non sécurisé) Actions type • Reconnaissance interne • Latéralisation réseau • Élévation de privilèges • Persistance Actions type • Exfiltration de données • Chiffrement / sabotage • Fraude, détournement
Connaître (reconnaissance) → Rentrer (intrusion initiale) → Trouver (latéralisation, élévation de privilèges) → Exploiter (réalisation de l'objectif visé).
Les raisons qui poussent une cible à trahir son organisation (recrutement, corruption) se résument souvent aux 4 catégories dites MICE : Money, Ideology, Compromission, Ego.

3Biens supports critiques

Un bien support critique est un bien jugé très susceptible d'être ciblé par une source de risque — vecteur d'entrée probable dans le système. La liste des biens supports de l'atelier 1, combinée aux écarts identifiés dans le socle de sécurité (autant de vulnérabilités potentiellement exploitables), permet de bâtir des scénarios réalistes plutôt que purement théoriques.

4Évaluer la vraisemblance

Chaque action élémentaire de la chaîne se voit attribuer une vraisemblance élémentaire ; la vraisemblance globale du scénario opérationnel en découle. C'est cette vraisemblance, combinée à la gravité héritée de l'atelier 1 (via le scénario stratégique), qui positionnera le risque dans la matrice de l'atelier 5.

Erreur fréquente : sur-détailler les scénarios opérationnels. Le niveau de détail façon MITRE ATT&CK est utile pour objectiver la vraisemblance en atelier, mais desservirait la lisibilité du rapport final — garder une synthèse compréhensible par les décideurs.